Tout savoir sur la Fracture du Pénis

Comment quelque chose qui n’a pas d’os pourrait bien se fracturer nous direz-vous ? Cela sonne presque comme une devinette mais il n’en est rien. Le pénis est entièrement constitué de tissus mous. Pourtant, il peut se fracturer et cela arrive bien plus fréquemment qu’on ne pourrait le croire.

On est bien obligé d’avouer que l’image d’une bite cassée a un potentiel comique non négligeable mais la blague s’arrête là car une fracture pénienne est non seulement très douloureuse mais elle peut également avoir des conséquences durables sur votre vie sexuelle. Il est donc dans l’intérêt de chacun et chacun de tout faire pour qu’elle ne puisse pas advenir. Mieux vaut prévenir que guérir.

Désossé

Vous savez sans doute que les pénis humains ne sont pas dotés d’os. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’il s’agit d’une anomie et d’un vrai mystère que la science ne comprend toujours pas très bien. Cette absence d’os pelvien (appelé le baculum chez les espèces qui en sont doté) n’est pas un cas isolé chez les mammifères mais parmi nos plus proches congénères primates, seuls les hommes n’en sont pas pourvus. Afin de comprendre pourquoi, il faut se pencher sur la fonction du baculum. Et c’est là que les choses se compliquent.

Le baculum pourrait avoir un rapport avec la compétition sexuelle entre mâles. Les males des espèces les plus compétitrices en auraient de plus gros. Les humains ne manquent pas d’endroits dans lesquels la compétition sexuelle entre mâles peut se jouer. Il est probable qu’en l’absence de baculum, les males humains aient développé d’autres atouts. Les pénis humains sont relativement gros par rapport à ceux des primates, nos plus proches cousins.

Des pénétrations parfois risquées

Nous allons vous expliquer comment se produit une fracture de pénis. Il faut en passer par quelques notions d’anatomie basique. On l’a dit, le pénis de l’homme est sans os. Le seul moyen pour atteindre l’érection est que le pénis se gorge de sang. Il ne s’agit pas d’une pompe mais plutôt du remplissage de deux chambres symétriques de chaque côté du pénis appelées corps caverneux (plus une autre chambre sous le pénis). Ceux-ci agissent ensuite comme des tiges qui donnent au phallus la forme désirée, non sans rappeler les châteaux gonflables que l’on rencontre dans les fêtes d’enfants. À l’intérieur, les chambres sont séparées du reste du tissu pénien.

Le processus est simple et efficace. Mais pas sans inconvénients. Quand tout marche comme prévu, la pression dans les corps caverneux peut devenir si intense qu’une poussée violente et imprévisible sur une surface résistante perfore la chambre, provoquant une hémorragie interne du pénis. On entend généralement bien un craquement provoqué par la rupture des tissues des chambres caverneuses. La douleur est en général très vive et entraîne un gonflement ou un bleu et requiert une intervention chirurgicale pour guérir correctement.

La guérison peut s’avérer plus complexe lorsque se développent des tissus cicatriciels, provoquant la tristement célèbre maladie de La Peyronie. Cette maladie affecte la forme du pénis et parfois empêche la verge de se gorger correctement et d’assurer sa fonction érectile. Une intervention chirurgicale est alors nécessaire.

La fermeté de l’érection en question

Le risque de fracture du pénis est corrélé avec la fermeté de l’érection : plus fort donc chez les hommes jeunes et en bonne santé. Une fracture peut survenir lors d’une séance de masturbation très intense (avec torsion de la verge par exemple) ou lors d’une partie de jambes en l’air aventureuse, intense et sportive. Certaines positions sont plus risquées que d’autres : lorsque le pénis peut facilement glisser hors du vagin ou de l’anus et venir taper contre le bassin ou en fonction de l’angle adopté lors de la pénétration et au moment du dérapage. Cela peut notamment se produire lorsque le ou la partenaire pénétré(e) se trouve au-dessus.

Certains médicaments comme le Sildenafil (molécule présente dans le Viagra) peuvent accentuer ce risque. A consommer après avis médical et uniquement si vous en avez besoin.

Une tradition peu commune

Un autre risque apparaît si vous êtes originaire du Moyen Orient où se pratique parfois le taqaandan (le haut du pénis en érection est plié avec force pour détendre une érection – sans masturbation donc – et jusa’à ce qu’on entende un petit craquement). Le nombre de patients souffrant de la maladie de La Peyronie est plus élevé dans les régions où le taqaandan est pratiqué.

 

En conclusion, soyez attentifs lorsque vos parties de jambes en l’air prennent une tournure acrobatique alors que votre pénis est très dur et gorgé. Pour éviter le pire, pensez à recourir abondamment aux lubrifiants !