« Tu es poussière et tu retourneras à la poussière. »
Théo me serre la main alors que le fossoyeur jette une nouvelle pelletée de terre sur le cercueil en bois verni. L’après-midi touche à sa fin et de lourds nuages gris s’amoncellent au-dessus de nos têtes. J’ai oublié mon parapluie ; l’averse est inévitable.
Les autres proches s’éclipsent peu à peu pour rejoindre la réception, mais Théo et moi restons là, devant la tombe. Je sens qu’il n’a pas le cœur à aller au pub ; il y a trop de souvenirs.
— Grant n’avait même pas quarante ans, soupire Théo. Comme nous.
— Je sais. — Et il faisait toujours attention à tout. Il surveillait ce qu’il mangeait, faisait du sport comme un athlète, ne buvait pas, ne fumait pas… et il est mort quand même.
— C’est injuste, je réponds.
—Tu te rappelles quand il a refusé de goûter le gâteau que tu lui avais fait pour son anniversaire ?
— Oh que oui. Trop de gras et de sucre, je lève les yeux au ciel.
— Et son régime, là ?
— Celui à base de pamplemousse ? C’était n’importe quoi.
— Ouais… Ce vieux râleur va me manquer, lâche-t-il en luttant contre les larmes.
Les mots me manquent, alors je l’entoure de mes bras et le serre fort contre moi.
— Je t’aime, bébé, murmure-t-il. Tu le sais, n’est-ce pas, Marina ?
— Moi aussi je t’aime, mon cœur.
Alors que nous nous éloignons de la sépulture, une goutte s’écrase sur le bout de mon nez. Théo l’essuie du revers de la main.
— Ça commence à tomber.
Nous nous dirigeons vers une zone boisée au cœur du cimetière.
— Pas l’idée du siècle, si ? je plaisante.
— Pourquoi ? demande-t-il, un peu perdu.
— S’abriter sous des arbres… Avec notre chance, on va se prendre la foudre.
— Pour l’instant, c’est juste un crachin, s’amuse-t-il. Mais si on entend le tonnerre…
— On file !
La pluie continue de tomber et une brume épaisse commence à flotter dans l’air. C’est presque beau de voir cette vapeur danser entre les pierres tombales. Théo se tient près de moi et pose sa main au creux de mon dos.
— Tu vas me prendre pour un fou, mais je trouve l’endroit tellement paisible, chuchote-t-il.
— Je pensais exactement la même chose.
Il m’adresse un sourire malicieux, et je devine que son humeur vient de basculer de la mélancolie au désir.
— Tu sais qu’il n’y a absolument personne ?
— Tu en es sûre ? je glousse.
— S’il y a quelqu’un, il ne nous verra jamais à travers ce brouillard, lance-t-il avec un clin d’œil.
— D’accord, mais promets-moi de ne pas faire trop de bruit. Par précaution.
— Promis, répond-il avec impertinence.
Théo écarte une mèche de mes cheveux et dépose ses lèvres sur mon front. Il embrasse mes paupières et prend mon visage entre ses mains avec une infinie douceur. Je trace le contour de ses lèvres de mes doigts, et il pousse un léger soupir. Je l’embrasse alors plus fougueusement, et un frisson me parcourt les membres quand nos langues se rencontrent.
— C’est divin, je murmure.
Je retire mon haut et fais glisser ma jupe crayon le long de mes jambes.
— Je ne t’ai jamais vue porter ça, rit-il doucement.
Je porte un soutien-gorge violet et un string assorti que je réservais pour une grande occasion.
— Je les ai mis au cas où tu aurais besoin de te changer les idées, je dis dans un sourire.
— Tu me fais toujours du bien… et tu es tellement belle, bordel.
Il me plaque contre l’un des arbres et pose ses mains sur mes hanches. Il m’embrasse avec passion tandis que quelques gouttes de pluie s’infiltrent à travers le feuillage. Théo retire mon soutien-gorge et fait courir ses ongles sur mes flancs. Il dessine lentement des cercles sur mes seins avant d’atteindre mes aréoles. Il masse ma poitrine généreuse de ses paumes chaudes, puis vient titiller mes tétons de sa langue experte. Je ferme les yeux, la tête renversée, et un gémissement m’échappe.
— Et c’est toi qui me disais de rester silencieuse, ricane-t-il. Chut…
Mes gémissements redoublent lorsqu’il descend ses mains sur mon ventre pour lécher mon nombril. Il écarte mon string et pose son pouce juste au-dessus de mon clitoris.
— Ne te contente pas de me chauffer… j’ai besoin que tu me touches vraiment.
Il entame des mouvements circulaires, m’effleurant à peine au début. Puis il accentue la pression et mon souffle se saccade.
— Tu veux que je continue ?
— Retourne-moi, je te veux à l’intérieur.
Je m’agrippe à l’arbre et écarte largement les jambes. Théo se place derrière moi et défait sa braguette. Il libère son sexe déjà dur et vient le frotter contre mon vagin. Il m’attrape fermement les fesses et glisse d’un coup dans mon sexe chaud et trempé. Je l’accueille sans peine, il me remplit totalement.
— Dis-moi comment tu le veux… Sa voix est grave, rauque, ce qui ne fait qu’accentuer mon excitation.
— Doucement, mon cœur.
Théo commence ses va-et-vient, des coups de reins profonds et maîtrisés. Ses grognements résonnent dans le cimetière, mais je me fiche que quelqu’un puisse nous entendre.
— J’adore sentir tes fesses… claquer contre moi…
— Plus vite !
Il me prend avec force, serrant mes hanches de plus belle.
— Théo, j’y suis presque !
— Touche-toi, Marina, m’ordonne-t-il. Ça va te faire basculer.
— Oh… putain ! Je vais venir…
— Moi aussi.
— Théo !
Mon sexe se contracte et se relâche tandis qu’il jouit en moi. Tout mon corps vibre sous cette vague de plaisir. Théo frissonne à chaque pulsation de son membre, et j’entends l’effort dans sa voix.
— Oh, bébé… C’était incroyable ! souffle-t-il.
Il se retire et me retourne face à lui.
— Viens là. J’ai besoin de te serrer contre moi, murmure-t-il.
Je pose ma tête contre son torse, j’entends son cœur qui cogne.
— Je n’arrive pas à croire qu’on vient de faire ça, je glousse.
— Qu’est-ce que Grant en dirait ? grimace-t-il.
— Je ne pense pas que ça le dérangerait. Il sait comment tu es.
— C’est-à-dire ?
— Que tu réfléchis surtout avec ton deuxième cerveau.
— C’est vrai.
— Tu ne cherches même pas à me contredire ? je ris.
— Non. Je n’ai pas envie de te froisser. Pas après une partie de jambes en l’air aussi incroyable !
— C’est de bonne guerre, je souris.
Je ramasse mes vêtements, je me rhabille et me recoiffe un peu. Théo me prend la main et nous nous dirigeons vers la grande grille de la sortie.
— Tiens, quand est-ce que la pluie s’est arrêtée ? me demande-t-il.
— Je n’en ai pas la moindre idée.
Théo éclate de rire, et j’en profite pour revenir sur la réception en l’honneur de Grant.
— Tu veux toujours aller au pub ?
— Oui, j’en ai envie.
— Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?
— C’est toi, sourit-il. C’était un vrai retour à la vie.
* Cette fiction érotique a été écrite en anglais par Lacy Flockhart. Pour la lire dans sa version originale, c’est par ici.

