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Les Principes du Principal – Fiction érotique – Première partie

« Mme Mower… » dit platement M. Simmon à travers la porte de sa classe. La femme en train d’effacer le tableau blanc se retourna en entendant son nom. « Dans mon bureau. Immédiatement. »

Avant qu’elle pût répondre quoi que ce soir, il la coupa : « Maintenant. ». Puis il sortit.

« Mais… »

Elle voulait protester. Son mari ne travaillait pas ce soir, ce qui était rare et leurs 4 enfants étaient eux de sortie. Ils avaient réservé chez Le Chef de l’État pour dîner à 19 h. Elle avait prévu de quitter l’école dès la fin des classes et repasser chez elle pour se pomponner et impressionner son homme.

Elle traversa différents couloirs et descendit les escaliers. Son esprit était confus suite à cette soudaine sommation à se rendre dans le bureau du principal. Elle se remémora les derniers jours. Elle avait donné des conseils constructifs à Mme Wetmire du département de Mathématiques à une réunion cette semaine. La directrice du département en avait été agacée bien sûr mais pas au point d’en référer au principal Simmon. Elle n’avait ennuyé aucun élève. Aucun parent n’avait de bonne raison d’avoir appelé l’établissement. Une augmentation de salaire ne semblait pas non plus très probable.

Mme Mower toqua doucement à la porte du principal.

M. Simmon l’invita à entrer comme s’il était un vieil homme grincheux. Ce qu’il n’était pas. C’était même plutôt exactement le contraire.

Elle poussa la porte et le vit, assis dans son siège de bureau incliné. Il portait une chemise blanche amidonnée avec des boutons de manchette en or. Sa cravate, d’un bleu clair stoïque avec des rayures bleu foncé, reflétait son attitude en cette fin d’après-midi.

Il fixait les néons au-dessus de sa tête, puis tourna sa chaise vers elle. Il lui faisait penser à un scientifique fou. Cependant, comme un gentleman, il lui offrit de s’asseoir sur le canapé de cuir qui faisait face à son bureau.

« Nous avons un problème. »

Elle s’assit et ajusta sa jupe pour cacher ses jambes. Il tapotait le bout de ses doigts l’un contre l’autre. Puis, comme s’il émergeait de ses pensées, il lui parla doucement. « Mme Mower, merci de vous être rendue disponible pour venir me voir aussi rapidement. »

« Pas de problème M. Simmon », mentit-elle en se demandant combien de temps cela allait bien pouvoir durer.

« Vous savez à quel point j’apprécie votre enthousiasme concernant l’école, l’enseignement, les élèves et votre désir de faire rayonner le département des mathématiques. Pourtant, j’ai eu vent d’un comportement inapproprié de votre part qui aura eu lieu en ses murs. »

Mme Mower sentit le rouge lui monter au front et aux joues. Ses sourcils se plissèrent en entendant les mots du principal. Inapproprié ?

« Comme vous le savez, que ce soit pendant les heures de cours ou sur le campus à n’importe quel autre moment, nous nous devons d’observer un comportement décent. Nos professeurs et notre personnel sont en particulier les garants de nos standards. »

« Monsieur, l’interrompit-elle, je ne vois pas où vous voulez en venir. »

Il se leva, contourna son bureau et vint se placer juste devant Mme Mower. Afin de faire de la place sur son bureau, M. Simmon poussa la plaque avec son nom, une photo de sa femme avec un gros chien noir dans les bras. Il installa ensuite son ordinateur portable sur son bureau de bois noir. Il pianota sur le clavier. Apparut alors une image en noir et blanc. Il croisa les bras sur sa poitrine.

« On m’a informé de cela fort récemment. » Il garda le silence pendant un moment, lui laissant le temps de réaliser la nouvelle.

Elle se reconnut sur la photo, en compagnie de M. Rungard. Ils étaient assis l’un en face de l’autre, chacun à un bureau d’élève. Cela devait dater de leur incroyable soirée de rencontre parents/professeurs.

Son regard glissait de l’écran au coin du bureau du principal. Elle remarqua que les bords étaient nets, à l’exception d’une section au milieu. Elle était tellement usée que le vernis avait disparu.

M. Simmon poursuivit : « je veux que vous me confirmiez qu’il s’agit bien de vous. Cette photo a été prise la nuit des rencontres et date de 18 h 37. »

Elle couvrit sa bouche de sa main et s’enfonça dans le canapé. Les contrariétés lui donnaient la gorge sèche. Elle toussa. « Oui, j’étais bien à l’école ce soir-là. Je ne me souviens plus de l’heure exacte. »

« Ce qui est encore plus incroyable Mme Mower, c’est la vidéo de cette soirée. »

« La vidéo ? Je ne savais pas que ma classe était filmée. »

« Surveillance interne pour des questions de sécurité. C’est une protection supplémentaire pour les enseignants et l’administration. » Il répondait factuellement et platement encore une fois. « Regardez la vidéo. Vous pourrez ainsi vous rappeler ce qui s’est passé. Légalement, je veux vous donner une opportunité de voir ce qui a été enregistré et de me donner une explication. »

M ; Simmon appuya sur le bouton Play et la vidéo sans son se mit en route. Elle se pencha en avant, enfonçant ses coudes tremblants dans ses genoux qui tremblaient tout autant. Elle ajusta sa blouse pour faire disparaître la moindre trace de sensualité. Elle voulait disparaître.

Déconcertée, elle se regardait noter le problème de mathématiques sur le tableau blanc. Alors que M. Rungard tentait de le résoudre, elle s’était dirigée vers le fond de la classe, avait fermé et verrouillé la porte. Elle se voyait ensuite jusqu’à lui et lui faire tourner la tête vers elle. Elle se souvenait de ses mains se glissant le long de ses jambes et sous sa jupe. C’était le début d’une nuit fabuleuse. Qu’elle n’avait pas oubliée. En fait, son corps se réchauffait rapidement à son évocation même si longtemps après.

Très vite ensuite, sa tête était sous sa jupe. On aurait dit qu’elle était enceinte. Si elle l’avait été, le bébé aurait été vraiment très, très actif. Quelques minutes plus tard, la vidéo la montrait en train de crier et de s’écrouler sur une chaise. Elle remarqua que sa culotte était restée accrochée à l’une de ses chevilles. M. Rungard était assis sur le sol, appuyé sur le tableau blanc.

M. Simmon mit la vidéo sur pause.

« Est-ce que c’est vous sur la vidéo ? » lui demanda-t-il simplement.

Ses épaules s’écroulèrent en avant et sa tête tomba. Elle acquiesça.

« M. Simmon, je ne sais pas quoi dire… »

« Ce que vous faites en dehors de l’école ne me regarde pas le moins du monde. C’est votre vie. Pas la mienne. »

Il marcha jusqu’à sa chaise de bureau et s’y rassit.

« Mais ici sur le campus, cela me concerne. C’est mon devoir d’avoir un établissement qui fonctionne correctement et qui dispense une atmosphère saine et sécurisée aux étudiants et à ses membres. Nous avons des règles auxquelles il convient de se soumettre et lorsque quelqu’un – professeur ou étudiant – les enfreint, je dois prendre des mesures immédiatement. Et elles ne sont pas sans conséquences. Quelles conséquences ? Et bien cela dépendra de vous. »

Elle leva la tête vers lui. Elle remarqua alors la petite lumière dans les yeux verts de M. Simmon, le même regard animal qu’avait eu M. Rungard cette nuit-là. Une férocité, un désir incontrôlé. Ses coudes reposaient sur les accoudoirs de sa chaise et le bout de ses doigts se pressait.

« Je ne…, commença-t-elle. C’est que… »

Elle avait du mal à rassembler ses pensées et lui la laissait s’enfoncer. Elle avait bien besoin d’un peu de pitié.

Finalement, il leva la main pour l’arrêter.

« Il existe différentes options. La première serait que vous acceptiez de partir sans délais et sans préavis. Avec la seconde, vous pourriez être relevée de vos fonctions. »

Mme Mower réalisait ce qui pourrait lui arriver. Elle posa la paume de sa main sur sa poitrine car elle avait du mal à respirer. Elle n’arrivait pas à reprendre le fil de ses pensées. Sa vision devint trouble.

M. Simmon attendit quelques instants avant de reprendre.

« Pourtant, dit-il intentionnellement et en essayant de retenir un sourire vicieux, je dois dire que ces deux options ne sont pas les seules que vous pouvez envisager afin de vous racheter des actes que vous avez commis au sein de l’école. »

Elle leva la tête brusquement : « Il y a une autre option ? »

Une lueur d’espoir apparût.

Il se pencha vers elle d’une façon paternaliste en posant les coudes sur le bureau. Elle ressentit le besoin pressant de s’éloigner de cet homme. Elle le regarda dans les yeux. Son inquiétude et sa peur disparurent alors.

« Mme Mower, je veux apporter de l’aide à ceux qui en ont besoin. L’une de mes ambitions est de soutenir mes équipes. »

« Je n’en ferai rapidement plus partie. »

« Vous en faites toujours partie pour le moment, la rassura-t-il. Je sais depuis combien de temps vous travaillez ici et ce que vous avez donné à l’école. Je sais votre expérience, votre amour pour les étudiants et les professeurs. Vous êtes l’une des enseignantes les plus brillantes et talentueuses de l’école. »

M. Simmon prit ensuite ses deux mains entre les siennes. Il était plus calme, plus fort. « Je ne veux pas vous voir partir. Et je veux également que vous soyez récompensée pour votre engagement sans compter. »

Mme Mower ne bougeait pas, ne relevait pas la tête. Elle demanda seulement tout bas : « Que puis-je faire de plus ? »

Il soupira. « Eh bien, nous devons prendre une décision sur comment nous allons procéder. Vos réponses sont une formalité mais nécessaires avant que nous n’allions plus loin. »

Mme Mower se remit à trembler nerveusement.

« Est-ce que vous voulez abandonner votre fonction de professeur au sein de cette école ? »

« Non. »

« La seconde option était une suspension sans salaire. Est-ce que… »

Elle l’interrompit. « Quelle est la troisième option, M. Simmon ? Les deux premières ne sont pas des options que je peux envisager. »

Un sourire traversa son visage. « La troisième option est une option que je ne peux que très rarement proposer à mes enseignants. Cela complique leur vie et la mienne. Mais peu importe. Je souhaite que vous continuiez à enseigner ici donc je suis prêt à prendre mes responsabilités. »

« Je suis prête également » répondit-elle dans un souffle.

« Mais vous ne savez pas encore de quoi il s’agit… »

« Non, mais je connais les deux premières options. »

D’une voix douce, il lui demanda de s’approcher de son bureau.

 

 

* La suite la semaine prochaine.

** Cette nouvelle a été écrite par Claire Woodruff et traduite de l’anglais. Pour la lire en version originale, cliquez ici.