vis-à-vis

Une Aventure en Vis-à-vis – 1ère Partie : À Travers les Volets

Je viens d’emménager dans un appartement. Il y a plein de cartons partout, je suis épuisée. Mes amis viennent de me quitter après avoir tout porté et bu quelques bières. Je me retrouve seule dans un appartement qui résonne encore un peu de ses murs vides et blancs. Je cherche où j’ai mis les draps. Je ne trouve pas. Je m’effondre sur le lit. J’enlève mon pantalon et je m’envole pour quelques rêveries.

vis-à-vis

Une veilleuse est toujours allumée et les volets ne sont pas fermés. La nuit m’envoie un rêve érotique vibrant. Je vois un visage d’homme et celui d’une femme, l’un à gauche, l’autre à droite de mes cuisses nues. Je sens mon sexe s’humidifier. Le visage d’homme s’approche et déploie sa langue contre les parois douces et satinée de mon entrejambe.

Une lumière chaude envahit mon rêve. Je distingue l’homme avec plus de détails. Il a les cheveux courts bruns et une barbe également bien courte mais dense. Quand il se baisse pour me lécher, j’aperçois un tatouage sur son épaule. C’est une lune bleue et un nuage blanc.

La femme est blonde et ses yeux grandissent au même rythme que mon plaisir. Elle pince sa bouche et je vois ses doigts s’approcher de mes cuisses. Tout d’abord son index caresse le bout de mon clitoris, le malaxe, le chauffe, le détend. Le nuage blanc devient rose, puis rouge et… et je me réveille aussitôt, en nage.

La veilleuse éclaire mon corps à moitié déshabillé. Le désir est toujours en moi. Je glisse un doigt sous ma culotte et ferme les yeux. De l’autre main, j’ausculte doucement ma poitrine.  Mes tétons sont durs et mon sexe bien mouillé. Le rêve est parti mais le plaisir monte.

Soudain j’ouvre les yeux. De l’autre côté de la rue, à travers les volets, en vis-à-vis, je distingue une ombre plus foncée. Je regarde plus précisément et je vois un homme nu, le sexe dressé. Il est assez grand, il a des cheveux courts et une barbe. Je ne vois pas ses fesses mais je les imagine rebondies. Et puis j’observe des cheveux bouclés qui tombent sur son épaule.

J’aperçois un visage de femme qui porte des boucles d’oreille créoles. Je les fixe pendant une trentaine de secondes sans bouger. Une lumière s’allume de leur côté. La femme s’approche et se place devant l’homme qui commence à la caresser. Une chaleur s’empare de moi. J’enlève mon tee-shirt. J’ai une grosse poitrine. Je prends un sein dans chaque main et commence à me titiller les tétons, tout en m’étirant : je souhaite qu’ils puissent me voir, me contempler, désirer chaque partie de mon corps.

En les regardant, j’imagine la bouche de l’homme et les doigts de la femme sur moi. J’imagine le toucher, la délicatesse, la fougue de leur emprise. Je souhaite qu’ils imaginent également quelles sensations mon sexe mouillé et brûlant pourrait susciter chez eux. De l’autre côté, l’homme caresse les seins de la femme aux cheveux bouclés et elle le masturbe lentement. Il l’embrasse sur le cou. Nous continuons à nous regarder pendant dix bonnes minutes. Puis la lumière s’éteint chez eux. Je bascule mon corps de l’autre côté du lit, j’éteins la veilleuse et m’endors d’un sommeil profond, accompli.

Le lendemain, je me réveille assez tard. Repensant à mes aventures de cette nuit, je regarde par la fenêtre. Mes voisins coquins sont-ils toujours là ? Non, il n’y a personne. Autour de moi, les cartons semblent être mes seuls compagnons. Toute la journée, je range l’appartement, je déplace des meubles, j’en monte parfois, j’ouvre des cartons et je choisis la place de mes affaires. Le soir venu, j’appelle Bruno. Nous nous voyons de temps en temps pour des jeux sexuels. Je lui propose de visiter mon nouvel appartement. Quand il arrive, je débouche une bouteille de vin. Nous commençons à discuter sur mon canapé, encore au milieu du salon, devant la fenêtre. Le soir tombe rapidement et l’alcool nous désinhibe. J’écarte mes cuisses et laisse Bruno enlever ma culotte. Il s’approche et me lèche le clitoris de sa langue râpeuse qui m’excite de plus en plus. J’enlève mon soutien-gorge et tourne mon visage vers la fenêtre.

Ils sont là. Comme hier, la femme se trouve derrière l’homme et son sexe se dresse comme s’il me montrait du doigt, là, sur mon canapé, à prendre du plaisir. L’homme se masturbe. Je demande à Bruno de regarder et son visage passe de la stupéfaction à l’engouement lubrique. Il enlève son pantalon et me retourne vivement comme une crêpe.

Je suis à quatre pattes sur le canapé et il s’engouffre en moi. De l’autre côté, mes chers voisins font de même. La femme se cambre et l’homme entre en elle. Bruno m’enivre de ses va-et-vient. De temps en temps, il reste profondément en moi quelques instants, tandis que son doigt vient me caresser le clitoris. Je regarde le couple en face et me laisse envahir par la sauvagerie de mon partenaire.

L’homme en face tient fermement la blonde par les hanches. Elle se courbe et laisse ses fesses abonder vers l’homme qui la mitraille de plaisir. Je regarde ses seins bouger sous les coups de reins. Je ferme les yeux. Bruno me tient par le cou. Cette situation l’a vraiment bien excité. Je plaque mes fesses contre ses jambes. Mes soupirs et les siens se mêlent.

La vitre de la fenêtre est embuée par endroit. Je me retourne et lève mes jambes. Bruno m’enfourche et fait claquer mes fesses. Il me regarde droit dans les yeux. Je m’abandonne à lui complètement jusqu’à l’orgasme et je sens le sperme de Bruno qui se déverse en moi. Il se retire, je reprends mon souffle. De l’autre côté, la femme et l’homme nous regardent puis, tirent les rideaux. La lumière s’éteint. Nous nous endormons, satisfaits et curieux.

Le lendemain matin, Bruno part assez tôt. J’ai encore beaucoup à faire pour mon appartement mais je n’ai pas envie de rester toute la journée à la maison. Allons explorer les alentours. Je me douche, je m’habille. Je mets un gros un manteau et m’enroule dans une écharpe. Je descends les marches de l’escalier quatre à quatre, comme si j’étais pressée. Quand j’arrive dans la rue, je ne peux m’empêcher de repérer la fenêtre de mes voisins coquins. Je ne vois rien à l’intérieur, juste des rideaux blancs. Je tourne la tête et une jolie blonde aux cheveux bouclés arrive dans ma direction, les bras chargés de viennoiseries.

Tout de suite, je la reconnais et ses yeux bleus m’hypnotisent. « Vous venez pour les croissants ? », demande-t-elle tandis que je succombe à son influence. Elle sourit. Je reste un instant sans rien dire, pétrifiée. Les images d’hier et la sensation de l’étreinte sensuelle et vigoureuse de Bruno se mélangent dans ma tête. Je finis par balbutier un « oui » et puis, je la suis dans son immeuble.

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Juliette LanzArticle écrit par Juliette Lanz

Juliette Lanz naît en été au milieu des années 80 à Paris. Elle y vit son enfance et son adolescence puis, attirée par le large, décide de s’installer d’abord à Lille, puis à Nuremberg en Allemagne. Elle travaille comme traductrice pour diverses maisons d’édition.