La fille-Mandarine

Je suis en train de faire les courses dans une chaîne de supermarché ultra-connue, en train d’hésiter entre poires, pommes ou encore pamplemousses quand je reçois un appel de Marco, un de mes amis les plus chers. Il m’invite chez lui ce soir, il aurait une surprise à « nous présenter ». Je ne comprends pas très bien où il veut en venir mais soit, je vais au rayon des bières et je choisis un bon pack de 24, comme il faut pour les soirées entre potes.

la fille mandarine

A l’heure dite, je me pointe donc chez Marco, mon lourd pack de bières à la main. Je découvre rapidement la surprise. En effet, une superbe inconnue, rousse aux cheveux longs, m’ouvre la porte. Elle porte une jupe courte assez flashy et me sourit. Marco n’est pas loin et m’accueille avec joie. Pour une fois, son appart est rangé, les lumières tamisées. Il a même mis une nappe sur sa table basse. Je me demande si cela se pratique vraiment.

Deux autres amis sont là. Jean ne quitte pas des yeux la nouvelle recrue. Laurent, lui, ne pense qu’à manger. Nous découvrons donc ensemble la belle rousse qui répond au nom de Saskia. Elle est douce, rieuse, aimable, un peu provocante. La soirée passe et les canettes de bière s’enchaînent. Laurent, bien repu, nous quitte assez tôt, prétextant une journée chargée le lendemain. Saskia se sent de plus en plus à l’aise. Elle met de la musique funk et commence à danser au milieu du salon. Marco la regarde. Jean la regarde. Je sens un début d’érection en moi. Les regards qu’elle nous lance nous laissent bouche-bée. Marco a un sourire en coin. Présage-t-il déjà de quoi la fin de soirée sera faite ?

Au bout de quelques morceaux, Saskia arrête de danser et se fait une place sur le canapé entre moi et Marco. Soudain, je ne sais pas ce qu’il s’en passe en moi : une sorte d’électricité monte rapidement de ma verge dure jusqu’à mon cerveau reptilien. Je crois que Saskia le sent car elle se met en tailleur sur le canapé et je peux voir qu’elle ne porte pas de culotte sous sa jupe.

Elle se cale le dos contre Marco. Je fixe son entrejambe, béat. Jean devient rouge de gêne. Je ne sais pas si moi aussi, mon teint s’approche du cramoisi mais la vue de ces lèvres ouvertes, laissant choir un petit clitoris rose scintillant me désarçonne.

Marco commence à lui peloter la poitrine. Elle écarte ses jambes qui trouvent place sur les miennes. Sans dire un mot, Jean prend son smartphone et demande : « Je peux filmer ? ». Marco et Saskia se regardent et avec un signe de tête, donnent leur approbation. Je n’en peux plus, je caresse le sexe de Saskia. Elle commence à vraiment se détendre, à gémir quand je tords et pince son clitoris. Elle s’est débarrassée de son tee- shirt et embrasse Marco, derrière elle. Il caresse toujours sa poitrine et lui enlève petit à petit son soutien-gorge, en commençant par les bretelles.

Saskia est sublime. La poitrine en avant, les cuisses écartées, elle ressemble à une figurine de Gustav Klimt. Est-ce sa longue chevelure rousse qui me donne cette impression ? Jean est face à nous, il tient toujours son smartphone et se prend surement pour un réalisateur aguerri de film pornographique. Il n’est en réalité que le voyeur de la situation. C’est quand je lèche mes doigts que je comprends pourquoi cette fille est spéciale : c’est son odeur. Elle sent la mandarine. Et j’aime particulièrement cette odeur qui me renvoie à de délicieuses après-midi d’hiver quand j’étais enfant. Elle est acide, sucrée, douce et verte à la fois. Oui, l’odeur de la mandarine est verte. Sur ce point, il n’y a rien à débattre.

Je regarde Marco. Il est absorbé par la poitrine de Saskia. Elle se retourne tout doucement et il lèche ses tétons. Peut-être les mord-il. Je me retrouve en face à face avec les fesses de Saskia qui me rappellent la peau d’une mandarine, son sexe lui-même étant les quartiers, vitaminés et pulpeux, de ce fruit. Je ne tiens plus et je dégrafe mon pantalon. Je pénètre ensuite dans les quartiers de ce fruit divinisé. La levrette a elle aussi une couleur verte. Plus je m’enfonce dans la fille- mandarine, plus elle devient rose, orange, rouge. Une mandarine sanguine ? Est-ce possible ?

Elle gémit discrètement, elle ne crie pas comme beaucoup de filles que j’ai connues. Je continue mon va- et-vient et l’empoigne par les fesses pour que la pénétration soit plus profonde. Elle se courbe. Je veux aller au plus fond d’elle-même, trouver les pépins et la douceur de la mandarine. En effet, ses parois intérieures sont particulièrement soyeuses, comme sa peau. Jean n’arrête pas de filmer. Il commence même à se branler en nous regardant. Marco, lui, a toujours la langue de Saskia dans la bouche et les mains sur ses seins. Je jouis enfin en poussant un cri de fureur assouvie. Je suis hors de souffle. Mon sperme dégouline. Elle s’empresse de le récupérer avec ses doigts et de les lécher.

La fille-mandarine se lève, remet sa jupe colorée en place, prend une bière et reprend sa place à nos côtés. Marco me regarde, souriant. Il se dirige vers la cuisine et moi vers les toilettes.

Quand je reviens, Saskia n’est plus là et Marco est en train d’éplucher une mandarine. Jean, lui, est en train de mettre son manteau pour partir.

Nous n’avons jamais reparlé de cet évènement. Je n’ai jamais demandé l’enregistrement à Jean. Je n’ai plus revu Saskia chez Marco et me demande si tout cela n’était pas un rêve. La mandarine a-t-elle un pouvoir de fantasme sur moi ? Depuis, quand je me retrouve au rayon fruits et légumes du supermarché, je ne peux m’empêcher de penser à une fille rousse, son clitoris rose et son odeur verte acidulée.

Fin

Juliette LanzArticle écrit par Juliette Lanz

Juliette Lanz naît en été au milieu des années 80 à Paris. Elle y vit son enfance et son adolescence puis, attirée par le large, décide de s’installer d’abord à Lille, puis à Nuremberg en Allemagne. Elle travaille comme traductrice pour diverses maisons d’édition.

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