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Fantasmes partagés – Partie 2 – Le matin d’après

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Les premiers instants au réveil peuvent être un peu inconfortables. En l’espace de quelques secondes, on passe du rêve à une analyse de l’endroit où l’on se trouve, de la personne avec qui l’on est (parfois) et par-dessus tout à essayer de se rappeler comment on est arrivé dans le lit la veille.

Nous étions dimanche matin et lorsque je me suis réveillée, je l’ai immédiatement entendue respirer à côté de moi. Je me suis remémorée comment je m’étais retrouvée à partager un lit avec une femme nue qui avait été mon élève quelques années plus tôt.

Je me suis tournée sur le côté afin de la regarder dormir sur le dos. Je regardais sa poitrine se soulever et redescendre à chaque respiration. Je souris. Je me suis ensuite retournée de l’autre côté, délicatement, afin de ne pas la réveiller. En dépit de mon excitation face à la journée pleine de promesses qui nous attendait, je n’avais pas envie que la nuit se termine. J’ai donc fermé les yeux et me suis perdue dans mes fantasmes.

Un peu plus tard, je l’ai sentie bouger. « Ne te réveille pas tout de suite » était la prière muette que je lui adressais alors que j’étais encore en train de me repasser le film de ma première nuit avec une femme. Mais il était trop tard, elle s’est lovée contre moi et j’ai senti ses seins contre mon dos et son sexe doux et chaud contre mes fesses.

« Bonjour, » me murmura-t-elle à l’oreille en se mettant en cuillère derrière moi sous la couette.

« Mmmmh bonjour… Tu as bien dormi ? » lui demandai-je sans ouvrir les yeux.

« Très bien… mais je viens de me souvenir que tu n’as pas joui la nuit dernière » me dit-elle en me mordillant le lobe de l’oreille, ce qui me provoqua des frissons dans tout le corps.

« C’est vrai mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas profité du moment. »

« Bien sûr, mais j’ai ma fierté tu sais ? J’ai envie de te faire jouir. J’ai envie de te regarder avoir un orgasme. »

J’ai ensuite senti sa main glisser lentement jusqu’à ma vulve et la poser entre mes cuisses. Je me savais trempée et le bruit que ses caresses produisaient ne laissait aucun doute quant à mon excitation. L’état de nerfs dans lequel j’étais plongée hier soir me semblait bien loin.

« Ah super, tu es vraiment excitée » observa-t-elle.

Mon clitoris pulsait de désir à chaque fois que ses doigts experts le stimulaient. Je me tournais et me mis sur le dos, lui donnant un accès plus pratique à ma chatte.

« Viens à l’intérieur » lui murmurai-je en poussant un de ses doigts à l’intérieur de mon vagin tandis que son pouce continuait son travail sur mon clitoris.

« Ça te plait comme ça ? » me demanda-t-elle.

« C’est parfait. »

Je pouvais sentir son regard m’observer alors même que j’avais les yeux fermés. Le désir accumulé était en train d’atteindre ses limites et je savais que mon orgasme se rapprochait mais j’avais envie de le retarder un peu afin de profiter de ses caresses un peu plus longtemps.

« Je me suis toujours demandé la tête que tu as lorsque tu jouis… » me répétait-elle alors qu’elle frottait son sexe mouillé contre ma cuisse. En constatant son excitation, je ne sus que je ne pourrai retenir mon orgasme plus longtemps.

Je me suis mise à trembler et à gémir alors que je relâchais la tension accumulée entre mes cuisses avec une série de spasmes délicieux qui consumaient mon corps entier. Je pris une grande respiration. J’étais enfin rassasiée. En ouvrant les yeux, l’expression de satisfaction qui se lisait sur son visage était encore plus marquée que la mienne.

« Je vais prendre une douche » me dit-elle et sauta du lit en un éclair pour se diriger vers la salle de bain. J’étais confuse et me demandais pourquoi elle avait voulu mettre un terme à cette atmosphère post-coït si rapidement alors que de mon côté, j’aurais voulu rester dans ses bras plus longtemps. En dépit de cette rupture brutale de l’intimité partagée au petit matin, je n’allais pas tarder à découvrir que je n’avais pas besoin d’être enfermée entre quatre murs pour continuer ma découverte des plaisirs saphiques.

Après avoir pris une douche et notre petit déjeuner, nous sommes sorties nous promener dans le quartier historique de Barcelone. Je ne me souviens plus exactement où ni quand c’est arrivé mais alors que nous marchions dans une rue piétonne du quartier gothique, j’ai réalisé que nous marchions en nous tenant la main. En général, mon exhibitionnisme se limite à poster des photos de moi dénudées sur Internet. En public, je me fais aussi discrète que possible. Je déteste attirer l’attention sur moi notamment lorsque je suis en compagnie d’un amant. Pourtant, en marchant ainsi dans la rue avec elle, je ne pouvais m’empêcher de l’embrasser discrètement à chaque fois que cela était possible. Nous nous comportions comme si nous étions un couple, sans en être un. Une attitude qui ne me ressemblait pas du tout.

J’ai surpris d’innombrables regards d’inconnus dans la rie : des hommes qui nous regardaient de haut en bas et les sourires complices de plusieurs femmes. Lorsque nous sommes arrivées dans mon restaurant préféré situé dans la vieille ville, les serveuses étaient encore plus sympathiques qu’à l’accoutumée. Cela m’excitait de me demander ce qu’elles pouvaient bien penser de nous et il était bien agréable de bénéficier de petites attentions supplémentaires. J’avais l’impression que chaque personne que nous croisions célébrait notre union. Je n’avais jamais rien connu de tel avec mes anciens amoureux.

« Au fait, j’ai oublié de te dire à quel point j’adorais ta chatte » me dit-elle après avoir commandé à manger.

« Euh… merci » lui répondis-je en rougissant et en fixant mes couverts avec embarras. Sa franchise m’embarrassait autant qu’elle m’excitait.

« Quand on rentrera chez toi, je la lècherai jusqu’à ce que tu jouisses » me dit-elle juste avant de faire un geste obscène avec sa langue.

« Est-ce que tu peux être plus discrète s’il-te-plaît ? » lui demandai-je. A ce moment-là, je redevins la professeur, porteuse de l’autorité. La différence d’âge entre nous me semblait plus criante que jamais.

« Qu’est ce qui se passe ? Tu as honte de ta chatte ? »

« C’est pas ça. C’est juste que je n’ai pas envie que tout le restaurant nous entende » lui répondis-je d’un ton sérieux.

« Détends-toi ! Je voulais juste te faire un compliment » s’exclama-t-elle avant de m’envoyer un baiser dans les airs.

La nourriture nous fut ensuite servie et un silence pesant s’installa entre nous alors que nous mangions. Mais il ne lui fallut pas très longtemps avant que ne ressorte son côté exhibitionniste.

« J’ai tellement hâte de voir ton visage lorsque je descendrai te lécher en bas » me dit-elle en prenant un morceau de pain et en commençant à le lécher en me regardant, sans éprouver de gêne. « Même si bien sûr, j’aurai du mal à le voir car je me serai perdue entre tes cuisses. »

« Peux-tu arrêter ? » m’exclamai-je.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’aimes pas les cunnilingus ? »

« Je ne veux pas que tu en parles si fort… »

« D’accord, je vais baisser le volume » dit-elle en soupirant et en feignant d’être contrariée. « Mais dis-moi, est ce tu aimes le sexe oral ? » me demanda-t-elle, en chuchotant cette fois-ci et en fronçant les sourcils.

« Bien sûr que oui » lui dis-je en souriant. Je dus croiser les jambes sous la table car j’imaginais sa langue experte me chatouiller le clitoris.

« Attend de voir ce que je vais te faire, je vais te dévorer. Et ensuite tu pourras me faire de même… Si tu en as envie bien sûr » me dit-elle et elle se mit à manger son pain, en regardant ailleurs.

Je me suis figée sur place. De tous les fantasmes lesbiens que j’avais, je devais avouer que lécher une femme ne faisait pas partie de mon top 10. Je ne savais même pas pourquoi d’autant que j’ai toujours entretenu de bons rapports avec ma propre vulve. J’avais toujours adoré mon odeur intime. Et aussi embrasser quelqu’un qui venait de me lécher et sentir mon propre goût sur ses lèvres. Malgré tout cela, je ne m’étais jamais imaginé lécher une femme. Je devais avouer que je n’étais même pas sûre d’apprécier cela et à l’époque, je n’étais pas certaine d’avoir envie d’essayer.

On dit qu’il ne faut pas juger quelque chose avant de l’avoir essayé et je venais de décider qu’il n’y avait qu’une seule façon d’en avoir le cœur net.

 

* La suite la semaine prochaine.

** La première partie ici !

** Cette nouvelle a été rédigée en anglais par Venus O’Hara puis traduite. Pour la découvrir dans sa version originale, c’est par ici.