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Fantasmes partagés – partie 3 – Passion orale

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« Est-ce que tu veux sortir dans un club lesbien ce soir ? » me demanda-t-elle depuis le canapé alors que j’étais en train de ramasser les habits que j’avais laissés sur le sol du salon la nuit précédente. Je me demandais si elle avait oublié sa promesse de me faire un cunnilingus « aussitôt que l’on serait rentrées à la maison » après le restaurant. Je ne savais pas si j’étais soulagée ou déçue de cet oubli, car l’idée de lui rendre la pareille me rendait nerveuse. Malgré cette indécision, je savais que si nous ne nous adonnions pas à un cunnilingus réciproque ce week-end, j’en éprouverais des regrets de ne même pas avoir essayé.

Je dois avouer que l’idée de faire la fête me semblait plus attirante. A un point tel que je sentis un frisson parcourir tout mon corps en imaginant ce que cela représenterait d’aller dans un club lesbien avec mon amante. Je m’étais rendue bien des fois dans des boîtes gay, mais jamais dans une boîte exclusivement réservée aux femmes : cela serait une nouvelle expérience de plus à ajouter à ce week-end de découverte.

« D’accord » lui répondis-je.

« Tu en connais ? »

« Aucune… »

« Évidemment que tu n’en connais pas. Comment tu pourrais alors que tu es hétéro… »

Je fronçai les sourcils ne sachant pas comment lui répondre. Je ne savais pas si c’était une insulte ou son sens de l’humour particulier. Quoiqu’il en soit, je n’appréciai pas du tout sa réflexion.

« Détends-toi, c’était une blague » me dit-elle en voyant ma réaction. Elle se leva du canapé pour déposer un baiser sur ma joue. « J’adore les femmes hétéro, comme toi. Mais tu le sais déjà. »

« Je ne sais pas si je suis hétéro… » lui dis-je avant de regarder ailleurs.

« Bien sûr que tu l’es. Tu n’es définitivement pas lesbienne. »

« Je pense que je suis bi… »

« Bi ? » me demanda-t-elle comme si je venais de prononcer un mot dans une langue étrangère. « Comment peut-on être bi ? Tu es soit l’un soit l’autre. Et c’est évident que ton truc à toi, c’est les hommes. Tout ce qu’on fait ensemble n’est que pure expérimentation parce que tu aimes le sexe. Point. Pas la peine de te sentir gênée » dit-elle avant de retourner s’asseoir sur le canapé.

Cette fois-ci, il était clair qu’il ne s’agissait pas du tout d’une blague. Mais je n’entendais pas réagir face à ses provocations. Je n’allais pas non plus me justifier. Il était certain qu’elle ne me comprenait pas et qu’elle ne ferait pas l’effort d’essayer. Je remarquai que le fait que nous ne soyons d’accord sur rien et que nous nous disputions à propos de plein de choses ne faisait que renforcer mon désir pour elle : c’était sauvage et dénué de logique. Cela me semblait safe car il était hautement improbable que les choses deviennent plus complexes sur un plan émotionnel.

C’est pour cette raison que je fis comme si rien ne s’était passé et me dirigeai vers mon ordinateur pour lancer les recherches sur les clubs lesbiens de Barcelone. Après avoir parcouru l’offre existante, un club avait retenu notre attention. J’étais impatiente d’y aller et de découvrir un nouveau monde. Pourtant, en arrivant dans le club un peu plus tard ce soir-là, je me sentis soudainement nerveuse et comme une « touriste » en terre étrangère. Au départ, il n’y avait pas beaucoup de monde et mon ancienne élève était toujours froide et distante depuis que je m’étais définie comme bisexuelle.

Après avoir passé une demi-heure à ne pas me sentir à ma place, le dance floor s’était un peu rempli, les verres étaient avalés et la musique semblait s’améliorer à chaque chanson. J’étais surprise de constater qu’il y avait plus de femmes féminines que ce à quoi je m’étais attendue. Pourtant, c’était les femmes androgynes qui m’attiraient le plus. Dans ma vie hétérosexuelle, jamais je n’étais allée en boîte de nuit avec l’intention de rencontrer des garçons. Je voulais seulement danser et prendre du bon temps. En comparaison, dans ce club lesbien, je ressentais ce qu’un homme pouvait ressentir dans un endroit rempli de jolies femmes. Il m’était impossible de ne pas profiter de ce qui s’offrait à ma vue. Savoir que ces filles étaient attirées par les filles rendait la situation encore plus excitante et intrigante.

Me retrouver au milieu de si nombreuses femmes était une situation inédite et peu familière.

L’ambiance était si opaque et tellement stimulante qu’elle semblait plus enivrante que le rhum coca que je buvais. J’avais l’impression d’être un voyeur regardant différents couples de femmes s’embrasser et danser ensemble. Certaines semblaient être des couples établis tandis que d’autres venaient manifestement de se rencontrer. Je savais qu’il faudrait que j’y revienne un autre jour.

Après avoir scruté la foule avec autant de précision que la faible lumière me le permettait, je recentrai mon attention sur mon ancienne élève et réalisai qu’elle était la femme que je désirais le plus dans cet endroit. Je laissai de côté la tension et la distance qui nous séparaient car je mourais d’envie de la sentir à nouveau contre moi.

« Tu sais que je t’aime vraiment bien ? » me dit-elle en passant son bras autour de moi.

« Même si nous sommes comme le jour et la nuit ? »

« Oui, malgré nos différences. Ça fait des années que tu me plais. »

« Je t’aime bien moi aussi » lui répondis-je.

« Oh mon Dieu ! Incroyable ! Quelle déclaration ! » me dit-elle d’un ton plein d’ironie. « Mais bon, jamais je ne sortirais avec une fille comme toi. »

« Pas d’inquiétude. Moi non plus je ne sortirai jamais avec une fille comme toi » lui répondis-je avec un demi-sourire.

Nous nous sommes ensuite embrassées passionnément sur la piste de danse. Je n’étais plus dans la position du « voyeur », j’étais devenue une exhibitionniste, assurant le show pour qui voudrait en profiter. Cette sensation dura aussi longtemps que son baiser. Mais ce que je désirais par-dessus tout c’était me retrouver seule avec elle et sentir ma peau nue contre la sienne, surtout après tout ce que j’avais pu voir et expérimenté dans ce club lesbien.

« Rentrons à la maison » lui dis-je.

Aussi franchie la porte de mon appartement, elle m’a poussé contre le mur du couloir de l’entrée et m’a embrassée passionnément. Nous nous sommes déshabillées l’une l’autre très rapidement, comme si nos vies en dépendaient. Nous avons laissé notre pile d’habits dans le couloir et nous avons couru, nues, sur la pointe des pieds et main dans la main jusqu’à ma chambre pour nous allonger sur le lit défait. Je me suis allongée sur le dos. Elle était sur moi et m’embrassait. Après quelques instants, elle s’est dirigée vers ma vulve en embrassant mon corps tendrement.

Elle a écarté mes genoux dévoilant encore un peu plus mon sexe. Elle regarda ma chatte comme si elle mourrait d’envie de la dévorer. Je soupirais de plaisir, consciente que j’allais recevoir le cunnilingus qui m’avait été promis quelques heures auparavant.

Elle posa les mains sur mes cuisses et les écarta au maximum. Ensuite, elle me mordilla délicatement l’intérieur des cuisses se dirigeant vers mon clitoris vibrant. Lorsque je sentis enfin sa langue se poser sur mon clitoris avec expertise, je me mis à trembler et je sus que mon orgasme était imminent. En remarquant les spasmes délicieux, je me suis mis à crier, sans aucun souci de mes pauvres voisins. Alors que j’avais déjà repris mon souffle après l’orgasme, elle continua de me lécher. Elle ne montrait pas la moindre volonté de s’arrêter bien que j’ai déjà joui. Au bout d’un moment, j’eus envie de lui rendre la pareille, je poussais donc gentiment sa tête afin de changer de position.

« Mais qu’est-ce que tu fais ? » me demanda-t-elle essoufflée et apparemment frustrée par cette interruption.

« Allonge-toi… sur le côté » lui suggérai-je.

Au lieu de protester, elle fit ce que je lui demandais et s’allongea sur le côté, face à moi. Nous nous sommes embrassées et je pus goûter à mon nectar sucré sur sa bouche. Ça m’avait vraiment excitée à nouveau. Je me suis mise à embrasser son corps. Ses seins, son ventre, ses cuisses couverts de baisers doux et de mordillements avant de me diriger vers son clitoris. Je n’aurais jamais imaginé que j’aurais sincèrement envie de descendre ainsi lécher une femme. Mais pour le moment, j’avais très envie d’elle et ce n’était pas tant pour lui faire plaisir à elle que pour la satisfaction de mon désir de la goûter et d’explorer son corps partout. Je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de faire, mais ses petits gémissements m’indiquaient qu’a priori c’était plutôt réussi. Je me sentais vraiment soulagée et encouragée par ses gémissements manquant de confiance et d’expérience.

« Arrête, arrête… » me dit-elle dans un souffle en repoussant ma tête juste quand j’allais atteindre mon but.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » J’étais confuse et inquiète que soudainement elle n’aimât plus ma technique.

« J’ai juste besoin de contrôler mon orgasme… » soupira-t-elle avant de me pousser sur le dos à nouveau et de se mettre sur moi. Je remarquai son impatience alors qu’elle frottait sa vulve trempée contre mon pubis. Elle le faisait avec tant de vigueur que cela en devenait douloureux : personne ne m’avait expliqué que le sexe entre femmes pouvait faire mal. Mais je ne voulais pas me plaindre. A aucun moment. Car le simple fait de la contempler ainsi, sur le point de perdre le contrôle, sur moi, valait vraiment la peine. Quand elle jouit, elle a laissé échapper quelques cris puis m’a fait un petit câlin avant de s’endormir à côté de moi.

J’ai éteint la lumière et l’écoutais respirer dans le noir. J’ai commencé à réfléchir à tout ce que j’avais vécu pour la première fois ce week-end-là. Il ne nous restait que quelques heures le lendemain avant de nous dire au revoir. Au lieu de poursuivre mon voyage d’apprentissage lesbien, je décidais que pour notre dernier jour, j’allais lui enseigner des choses qui m’étaient plus familières sexuellement… afin de redevenir le professeur.

 

* Cette nouvelle a été rédigée en anglais par Venus O’Hara puis traduite. Pour la découvrir dans sa version originale, c’est par ici.

** Les épisodes précédents sont à retrouver ici et .

*** La suite arrive la semaine prochaine !