Témoignage sur L’Anéjaculation ou le Syndrome du Bouquet Sans Final

J’ai 33 ans et je suis anéjaculateur. L’anéjaculation désigne pour un homme l’impossibilité d’éjaculer. Il y a plusieurs formes de cette pathologie et je plains ceux qui sont atteints de celle qui empêche d’avoir des orgasmes.

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La mienne est différente, je peux avoir des jouissances, seul ou de manière très épisodique avec une partenaire. Laissez-moi vous compter.

Premiers émois, premières inquiétudes

Durant mon adolescence tout se passe bien. Je découvre les joies de la masturbation, aucun problème technique à ce niveau, tout fonctionne comme sur des roulettes. Autrement dit, je jouis tout seul !

Puis vient la fameuse première fois. Je suis avec une fille depuis un temps, nous sommes très amoureux, d’ailleurs notre relation durera plusieurs années. Nous nous découvrons à chaque fois un peu plus et, un soir, on passe aux choses plus concrètes…

Nous voilà dans l’affaire, je suis très excité, mon érection est comme d’habitude mais ça ne vient pas…

À l’époque, nous n’avions tous deux que peu d’expérience et pas trop de solutions. Je vois qu’elle jouit une fois, puis deux et je sens qu’elle aimerait bien que cela se finisse. Alors, je simule une éjaculation, je me lève et retire le préservatif vite fait pour qu’elle ne se rende compte de rien et je viens me coucher près d’elle, pas très fier de moi mais surtout très inquiet !

Pourquoi ça ne marche pas ? Que se passe-t-il ?

Nous recommençons encore et encore, bien sûr, découvrant les joies du sexe, l’algorithme du plaisir mais sans trouver la solution finale à la jouissance synchronisée… À chaque fois, je simule l’éjaculation. Au bout d’un an, nous décidons d’enlever les préservatifs, je me dis que cette fois c’est la bonne ! Mais rien n’y change, je n’éjacule toujours pas. Pourtant, lorsque je le fais tout seul de mon côté cela fonctionne parfaitement…

Je décide enfin d’en parler à ma copine, nous avions 18 ans. Elle essaie la fellation et la masturbation pendant des heures mais sans succès, elle me propose alors que je me touche moi-même pendant qu’elle me caresse et là, ça vient : je jouis enfin « avec » ma partenaire.

Cela sera ma solution pour le reste de ma vie, me caresser moi-même pendant que ma copine me lèche ou me touche vigoureusement les testicules. Quelle vie ! Notre relation se terminera quelques temps plus tard, l’amour de jeunesse est terminé.

D’expériences en déceptions

Je suis célibataire et compte bien en profiter. J’essaie plusieurs partenaires différentes et toujours la même chose, c’est maintenant ancré en moi : je sais que je ne jouirai pas lors du rapport mais l’idée de donner du plaisir me régale énormément. Alors je deviens l’amant qui jouit sur commande : celui qui peut durer jusqu’à l’aube et quand ma partenaire le souhaite. Je peux me masturber pour finaliser le moment de plaisir.

Les expériences sexuelles se succèdent, je deviens un « sexpert », je sors en club libertin, je multiplie les expériences à deux, à trois, à quatre, à beaucoup plus !

Je teste même la bisexualité avec des transexuels pensant que cela était peut-être dû à mon orientation sexuelle. Mais toujours le même résultat : pas de jouissance naturelle, juste une excitation débordante et insatiable !

La fondation d’un foyer et des éjaculations au compte-goutte

Puis je rencontre une femme avec qui j’aurai 2 enfants. Comment, me direz-vous ? Et bien, de temps en temps, sans comprendre pourquoi, je jouis naturellement. Je parle ici de 5 à 6 fois sur huit ans de couple !

Un peu de manière inexpliqué, il est arrivé quelques fois que j’éjacule et souvent assez facilement d’ailleurs.

Dès le début de notre relation, j’avais expliqué à ma compagne ce souci et elle l’avait totalement accepté sans jamais me poser de questions et cela m’allait très bien. J’avais personnellement assimilé cette anéjaculation comme faisant partie de moi : j’étais le super amant !

Nous avons bien sur essayé de contrôler plus mon éjaculation, mais cela me demandait un effort physique et psychique hors du commun. Bien que d’une nature très sportive, je garantis que l’épuisement arrive avant la jouissance… Après huit ans de couple, nous nous sommes séparés. Nous avions évolué dans des sens différents et la vie nous semblait bien monotone.

Séparation et nouvelles expériences concluantes

Je rencontre alors via mon travail une nouvelle femme, libertine, « sexperte » pleine d’expérience, tout ce qui me plait !

Je lui fais part de mon problème et très vite elle me fait sentir sa souffrance de ne pas pouvoir me faire jouir. Elle s’y essaie maintes et maintes fois mais sans succès. Puis, par masturbation, après deux crampes à l’avant-bras, elle devient, à 32 ans, la première personne qui me fait jouir en me caressant !

Elle recommence l’opération plusieurs fois, elle y arrive maintenant tout le temps ! Je découvre enfin ce lâcher prise, cette addiction à la jouissance par l’autre. Mais lors de la pénétration toujours le même constat : cela ne vient pas. Elle s’essaie à la fellation, la pauvre, il lui aura fallu beaucoup d’endurance pour réussir à extraire le nectar de mon excitation mais elle y est parvenue.

La consultation et les progrès

Nous discutons alors de tout ça et décidons d’aller voir un sexologue ensemble, eurêka me direz-vous ! Il est vrai que durant toutes ces années, je n’avais jamais pensé à la frustration que pouvait ressentir ma partenaire, bien trop concentré sur la mienne.

J’ai donc débuté un traitement qui porte ses fruits. L’éjaculation naturelle à la pénétration se produit de plus en plus souvent même si ce n’est pas à chaque rapport.

La méthode consiste à m’entrainer (en me masturbant) le plus longtemps possible, cela parait contradictoire mais cela fonctionne ! Plus je m’entraine et plus je jouis naturellement à la pénétration. Le travail continue pour tendre à une éjaculation 100% naturelle mais chaque jour me rapproche de la délivrance.

J’aimerais, à travers ce témoignage, expliquer à tous les hommes qui souffrent de cette pathologie méconnue que des solutions existent et qu’il ne faut pas perdre de temps ! Dire à toutes les femmes qui rencontrent ce type d’homme de ne pas les mettre sur un piédestal pour leurs performances sexuelles car une fois dessus, il est très difficile d’en descendre. Écoutez-les, parlez-en et soutenez-les pour surmonter ce dérèglement. À connaitre mieux son corps, nous explorons aussi notre esprit et nous ne faisons que nous améliorer.

JulesNouvelle écrite par Jules

Homme de 33 ans, grand sportif et amoureux de nature.
Passionné de voyages, de littérature.

Véritable épicurien qui jouit autant d’un bon vin, d’un couché de soleil que de caresses.
Ni trop sérieux ni pas assez, j’ai connu le libertinage à l’âge de 18 ans en club. Le sexe a toujours fait partie intégrante de ma vie.

Je savoure chaque met de la vie, elle est pour moi un chemin pour perpétuellement s’améliorer.

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