De la Plume Lascive à l’Écran Coquin : 5 Livres Adaptés au Cinéma

Littérature et cinéma entretiennent une relation étroite, le premier étant un fournisseur assez massif du second, avec un degré de réussite variable puisque l’on est parfois déçu par une adaptation approximative d’un livre qui nous avait subjugué ou alors époustouflé par un film qui nous donna envie d’aller feuilleter le texte original.

Adaptation de livres érotiques au cinéma

Si l’on pense à quelques classiques du 7ème art et de la littérature comme « Shining » de Stephen King adapté par Stanley Kubrick ou « Cyrano de Berjerac » d’Edmond Rostand adapté par Jean-Paul Rappeneau pour la partie théâtre ou bien même aux nombreux super héros hollywoodiens piochés dans les comics de la même zone, il n’y a cependant pas que sous le feu des projecteurs internationaux que brillent les passages du livre au film.

Parmi ces virées de la plume à la caméra, on compte en effet quelques aventures érotiques plus discrètes mais dont certaines ont réussi à se faire une petite notoriété… Voici donc 5 de ces récits à lire autant qu’à voir !

Les exploits d’un jeune Don Juan, de Guillaume Apollinaire

Résumé

Le livre comme le film narrent les aventures érotiques d’un jeune adolescent, Roger, qui part à la campagne avec sa mère, sa tante et sa sœur et qui y découvre les joies de la galipette, passant son temps à chercher par tous les moyens à assouvir ses besoins érotiques insatiables…

Le livre ou le film ?

Ce récit initiatique d’un adolescent plongeant dans le stupre est somme toute relativement banal, le film se laissera regarder et vous émoustillera certainement mais sans laisser un souvenir impérissable… En revanche, le livre rédigé par un de nos plus grands poètes participe à faire de cette œuvre un classique du genre.

Extraits du livre

Je l’empoignai à la motte et la trouvai légèrement enflée, le clitoris était dur. Je la mis en chemise et la lui soulevai très haut. À son aspect on eût dit une femme maigre. Il n’en était rien. Elle était très bien en chair, les poils étaient noirs et lui montaient jusqu’au nombril. Elle devait s’être lavé, car son con n’exhalait aucune odeur. Alors, je la mis nue et m’étonnai de la fermeté de ses tétons qui n’étaient pas très gros et dont les tétins étaient entourés de légers poils bruns.

Bande annonce du film

Belle de jour, de Joseph Kessel

Résumé

C’est l’histoire d’une femme mariée à un médecin qu’elle aime mais avec lequel elle s’ennuie, notamment sur le plan érotique. Elle décide donc d’aller offrir secrètement ses charmes chaque jour dans une maison close…

Le livre ou le film ?

Les deux. Livre incontournable autant que grand classique du cinéma, avec de chaque côté des monstres du genre : Joseph Kessel pour le roman et Luis Bunuel pour le film avec Catherine Deneuve dans le rôle titre. Le livre est comme souvent beaucoup plus riche, et vous serez certainement plus émoustillé à sa lecture qu’à son visionnage, l’érotisme puisant sa force dans les batailles intérieures de Belle de Jour, entre ses désirs et ses dégoûts. Le film est une adaptation très libre du roman mais est une incontournable réussite cinématographique.

Extraits du livre

Tandis qu’il buvait, Séverine se déshabilla. Il suivit ses mouvements sans un mot. Ce fut sans un mot qu’il la posséda. Son corps pesait lourd. Tout en lui était plus épais que chez le commun des hommes, tout, jusqu’à la matière des yeux. Et Séverine, reconnaissant tout à coup cette grossière fureur, cette luxure bestiale, gémit elle ne savait de quel gémissement. Ce n’était plus un désir policé, minutieux, qui s’assouvissait sur elle, c’était celui de la trinité dont la poursuite l’avait jetée dans le lit.

Extrait du film

L’amant de lady chatterley, de David Herbert Lawrence

Résumé

Constance est mariée au propriétaire du château de Chatterley et s’ennuie dans cette grande propriété avec son mari devenu impuissant. Elle va faire la rencontre du garde-chasse qui va réveiller ses sens et la désennuyer absolument…

Le livre ou le film ?

Il y a eu plusieurs adaptations cinématographiques, mais la plus réussie est sans aucun doute la plus récente, celle réalisée par Pascale Ferran en 2006 avec Marina Hands dans le rôle titre. Le livre de David Herbert Lawrence reste cependant beaucoup plus intense et plus riche que le film qui a divisé à sa sortie, certains hurlant au chef d’œuvre d’autres à l’ennui… A vous de juger !

Extraits du livre

Elle était assise sur les cuisses de son amant, la tête contre sa poitrine, ses jambes d’ivoire brillant, mollement entrouvertes; et le feu jetait sur eux des clartés inégales. La tête baissée, il regardait à la lueur du feu les plis de ce corps de femme et cette toison de doux poils bruns qui pendait en pointe entre les cuisses ouvertes. Il tendit la main vers la table et prit le bouquet de fleurs qu’elle avait cueillies, si mouillées encore que des gouttes de pluie tombèrent sur elle.

Bande annonce du film

Le boucher, d’Alina Reyes

Résumé

Une étudiante des Beaux Arts, caissière dans une boucherie pour gagner sa vie, découvre les émois de la chair dans ce lieu plein de viandes… Le boucher passe ses journées à lui parler de sexe, à lui promettre plaisir et jouissance, et ce bonhomme gros qui triture la viande toute la journée fait naître en elle des vertiges érotiques…

Le livre ou le film ?

Le film est un court métrage d’animation qui propose une adaptation assez succincte du livre mais qui a le mérite d’être originale et de donner un bon aperçu du livre en seulement 8 minutes ! Mais si vous cherchez à vous ébouillanter, tournez-vous plutôt vers le livre…

Extraits du livre

J’étais dans un état d’excitation à peine supportable. Les hommes qui entraient dans le magasin, je les déshabillais du regard, je les voyais bandants, je me les fourrais entre les jambes. Les femmes que le boucher et le patron désiraient, je leur levais la jupe, je leur ouvrais les jambes, et je les leur donnais. J’avais la tête pleine d’obscénités et d’insultes, mon sexe me montait jusqu’à la gorge, j’avais envie de me soulager de la main derrière la caisse, mais cela n’aurait pas suffi, pas suffi.

Le court métrage

Gwendolyne, de John Willie

Résumé

Voici cette fois une BD adaptée au cinéma, il s’agit des aventures de Gwendolyne, une charmante ingénue qui se retrouve toujours dans des situations délicates à cause d’une série de quiproquos… Par situations délicates, entendez qu’elle se retrouve attachée et doucement torturée, le bondage étant le thème récurrent de cette série d’aventures de John Willie écrite dans les années 1940 et 1950. Son adaptation au cinéma par Jaet Jaeckin, le même réalisateur que le célèbre « Emmanuelle », raconte quant à elle les aventures de Gwendolyne et de ses acolytes partis dans la jungle rechercher des papillons et qui tombent sur une société matriarcale aux mœurs étranges…

Le livre ou le film ? 

On doit reconnaître au film un certain esthétisme porté par une équipe solide puisque l’on trouve à l’écran notamment Bernadette Lafont et Zabou Breitman et pour la bande son Pierre Bachelet ! Mais le film n’est par ailleurs pas une grande réussite et on préfèrera malgré tout les images emblématiques et l’univers BDSM soft de la BD de John Willie. 

Extraits du livre (cliquez sur l’image)

Gwendoline

Bande annonce du film

Du livre à l’image

On aurait encore pu citer les classiques « Les 120 journées de Sodome », « Histoire d’O » ou plus récemment « Baise-moi », et la liste est encore longue de ces romans célèbres devenus films qui le sont encore davantage… Certaines histoires ont eu besoin du cinéma pour apparaître en pleine lumière et gagner en notoriété car comme le disait Jean Cocteau, expert dans l’art d’écrire autant que de faire des films, « Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière. »