La Nonne

Elle n’y avait simplement jamais songé. Son sexe n’était qu’une partie du corps comme une autre, peut-être même moins noble puisque c’était de là que s’écoulait l’urine. Elle était entrée dans les ordres à seize ans parce que c’était la seule issue possible. Voilà les mots qu’avaient employé sa mère avant de la convaincre de rentrer au couvent. Sa mère disait qu’elle rendait fous les garçons et que ça ne pouvait pas bien finir. Alors elle avait accepté sans comprendre à quoi sa mère faisait référence.

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Et une fois arrivée au couvent, la mère supérieure leur avait tellement de fois répété qu’il ne fallait pas s’attarder sur le sexe quand on se lavait, que c’était un pêché, que sa curiosité avait grandi doucement. L’interdit l’avait intriguée.

Et justement, ce matin, tandis qu’elle savonnait ce pli de chair légèrement duveteux entre ses jambes, elle avait émis un cri de surprise. Une vague agréable avait parcouru son corps, et elle avait immédiatement compris que c’était son sexe qui en était la cause. Alors elle avait frotté encore et la sensation était revenue. Plus elle frottait, plus le plaisir montait.

Elle avait fini par s’assoir au milieu de la petite salle d’eau pour mieux explorer son sexe. Et à sa grande surprise, elle avait découvert un orifice à cet endroit. Il semblait s’écarter au fur et à mesure que montait son plaisir. Bien décidée à en savoir davantage maintenant qu’elle était lancée, elle fit pénétrer un doigt dans son vagin, sans savoir exactement où cela la conduirait. Elle eut d’abord un peu peur, peut-être était-ce une blessure, une plaie qui s’était ouverte dans son sommeil ?

Mais elle fut rassurée par l’absence de douleur au fur et à mesure que progressait son doigt. C’était même plutôt le contraire. Un frisson très agréable se diffusait dans tout son corps. Elle frotta alors un peu plus fort et ne tarda pas à comprendre que c’était en faisant entrer et sortir son doigt rapidement que l’effet s’accentuait. Elle sentait une chaleur monter dans son visage, ses tempes. Le petit frisson d’abord agréable grandissait sans cesse, se muant en une vague plus intense. Elle sentait sa respiration s’accélérer, son corps tremblait sous l’assaut de son doigt.

De sa main libre, elle commença à caresser son corps, d’abord son ventre qui lui semblait bruler d’un feu délicieux, puis elle caressa l’intérieur de ses cuisses, écartant un peu plus ses jambes. Quel incroyable délice, songeait-elle, émerveillée par ce secret que lui avait caché son corps. Elle remonta ensuite vers ses seins qu’elle avait toujours détestés. Ils s’étaient mis à pousser un jour et ils n’avaient pas tarder à encombrer son buste. Elle les trouvait gros, lourds et sa mère disait qu’ils étaient en partie responsables de l’effet qu’elle provoquait chez les hommes.

Mais en cet instant, tandis que son doigt s’agitait toujours à l’entrée de son vagin, la caresse de ses seins lui sembla faire redoubler son plaisir déjà très grand. Elle ne pouvait plus à s’arrêter, prise d’une fièvre de désir qu’elle ne parvenait pas à identifier.

Elle parvint à se caller contre le mur de pierre de la petite salle d’eau et poursuivit ainsi les caresses jusqu’à ce que son plaisir se transforme, passant du délice torride à une sorte de tourbillon exceptionnel qui grimpait en flèche dans son bassin et tout son corps. Elle commença à crier, d’étonnement d’abord, puis de plaisir, elle sentait qu’elle avait besoin de hurler, d’exprimer par des sons la puissance du feu qui la traversait. Elle finit par se mordre le poignet pour ne pas alerter tout le couvent et son corps fut pris de spasmes aussi étranges qu’extatiques quand elle jouit finalement sur le sol de la petite salle de bain.

Haletante, elle resta un moment assise par terre, à tenter de reprendre son souffle, tachant de comprendre ce qui lui était arrivé. D’où provenait cette extase mystérieuse qui avait soudain envahit son corps ? C’est alors qu’elle eut une révélation. Un tel plaisir lumineux et foudroyant, ce ne pouvait être qu’une intervention divine ! Dieu était venu s’adresser à elle. Ce n’était pas dans l’esprit qu’il se glissait pour parler aux Hommes. C’était dans leur sexe. Il fallait qu’elle le dise à toutes les sœurs du couvent, qu’elle annonce la bonne nouvelle, que Dieu était bien présent, qu’on pouvait le faire venir dans tout son corps. Elle le leur apprendrait une par une, secrètement, pour ne pas affoler la communauté. Elle leur montrerait comment procéder, elle les guiderait. Ah comme sa mère serait fière, quand elle apprendrait que sa fille avait découvert comment faire entrer Dieu dans le corps des Hommes !

Fin

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À propos Ema

Passionnée de mode, de design, d’art et de littérature, adepte d’un hédonisme non égocentrée : Le Plaisir est un art qui s’apprend et se partage.