L’Amour dans un Jardin en 2087 – Partie 1

J’aime faire l’amour dehors, en plein air. Je ne suis pas la seule. Nos appartements sont étroits, mal insonorisés, il y a longtemps que ce n’est plus un lieu d’intimité. Le gouvernement a même autorisé un temps que certains bois aient des zones consacrées aux ébats des couples. Les politiques sont inquiets à cause de la chute drastique des naissances. Mais ils ont dû arrêter les zones de sexe dans la nature. Ça devenait glauque, des mecs venaient pour se rincer l’œil. Et les chefs d’à peu près toutes les religions se sont offusqués. Leur argument bizarre, c’est que les enfants se promenant dans les bois pourraient surprendre des couples en plein coït. D’un autre côté, si les gens ne font plus l’amour, il n’y aura bientôt plus d’enfants pour les regarder faire ce qu’ils ne font justement pas…

l'amour dans un jardin

C’est plus ou moins le sujet de débat à la radio. Il est tôt pour des luttes d’idées, je trouve. Je les écoute à moitié, le front collé à la fenêtre. J’observe, inquiète, les nuages gris. Il ne pleut pas, on est dans un entre deux. Ça peut basculer dans la pluie torrentielle ou le soleil qui perce d’un coup. Cet après-midi, je vois Nicéphore.

Les scientifiques à la radio s’écharpent autour du même sempiternel sujet. Est-ce que les humains ont du mal à se reproduire par leur faute ou celle de la nature ? Sommes-nous maîtres de notre destin ou victime du darwinisme qui dicte l’évolution de notre espèce ? C’est un thème qui passionne, il garantit de l’audimat à coup sûr. Sans doute parce qu’il n’y a pas de réponse et qu’on ne peut rien faire d’autre que de se regarder disparaître.

Sous la douche chaude, je rase mon pubis jusqu’à ce que ma peau soit parfaitement douce. Nicéphore et moi n’avons jamais fait l’amour. On voulait attendre le bon moment. C’est-à-dire quand il ferait beau et qu’on pourrait s’étreindre dans un jardin ou une forêt. Je préfère les jardins. Le parfum de l’herbe a quelque chose d’érotique.

Malgré le bruit du jet d’eau qui claque sur la cabine de la douche, j’entends encore les bribes du débat à la radio. Ils parlement maintenant des malformations qui touchent de nombreux bébés. Cela fait plusieurs années maintenant que certains naissent avec une oreille en plus, des écailles et même des plumes… Comme d’habitude, un groupe de scientifique salue la nature qui nous fait évoluer vers une nouvelle forme d’enveloppe charnelle plus adaptée aux conditions de vie difficiles. Le camp adverse est révolté par la folie humaine qui a détruit la planète, ils accusent les produits chimiques d’être à l’origine de ces bébés difformes.

Je ne sais pas si je serai mère un jour. Je ne crois pas en avoir envie. Je suis jeune encore. Je suis belle. Je prends mes seins dans les mains. Je sais qu’ils sont beaux, lourds. Ils pointent légèrement vers le haut, cela rend fou les hommes. Chaque fois que j’ai été nue devant un garçon, il ne pouvait décrocher son regard de mes seins. Je les caresse en pensant à Nicéphore. J’imagine comment il va les serrer entre ses mains puissantes. Un frisson me parcourt le corps. Nous avons tellement envie de faire l’amour. La dernière fois que nous nous sommes vus, nous n’arrivions presque pas à parler tellement notre désir nous troublait. On a choisi de le faire aujourd’hui parce qu’en principe, la météo doit être correcte. Il connait un bout de jardin agréable à une heure à peine de transport. Je n’aime pas l’idée d’aller faire l’amour là où il a déjà emmené d’autres filles avant moi, mais nous n’avons pas beaucoup de choix.

Le bout de mes seins a durci, mes tétons pointent. Je les presse doucement et je gémis. L’allaitement est devenu obligatoire. On ne vend plus de lait en poudre, trop de bébés sont morts empoisonnés. Si j’ai un enfant, je ne pourrai pas garder ces beaux seins. Je l’ai compris avec le nombre de publicités qu’on voit partout pour retrouver sa poitrine d’avant l’allaitement.

J’essaie d’imaginer Nicéphore en papa aimant. Je souris. Il est grand et superbe, Nicéphore. Je me souviens de nos discussions du début sur internet, puis la première fois que nous nous sommes rencontrés. Il a une douceur dans les yeux qui m’a fait fondre immédiatement. Nous avons discuté des heures sans qu’il ne cherche jamais à écourter pour se jeter sur moi. Je suis amoureuse, je crois.

Je m’assois sur le sol de la douche en me laissant glisser le long de la paroi de plastique. Je laisse une main sur un sein tandis que l’autre descend vers mon sexe fraichement rasé. J’écarte les lèvres pour ouvrir ma vulve au jet d’eau. Je ferme les yeux pour mieux retrouver Nicéphore. Je l’imagine au milieu d’un parterre de fleurs. Il m’attend. Je quitte définitivement mon sein gorgé de désir pour tâtonner le rebord en céramique de la cabine de douche. Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux pour les reconnaître. Ma collection de sextoys est rangée toujours de la même façon.

Le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation pour encourager les hommes et les femmes à avoir recours à des accessoires de plaisir. L’idée est de stimuler la libido nationale pour encourager la reproduction. Je me suis laissé convaincre facilement. J’attrape mon engin préféré. Il suffit de le poser sur le sexe, il déploie ses bras de silicone et se fixe automatiquement. Il se concentre sur le clitoris, il l’aspire, le repousse, le secoue, le caresse… J’imagine la langue de Nicéphore, je vois son buste nu, son corps musclé et son regard doux. J’augmente le niveau sonore de la radio pour gémir sans complexe entre les voisins trop proches du dessus et du dessous.

Dans ma cabine de douche étroite, mon corps se cambre sous les assauts de plaisir. L’orgasme est proche, comme à chaque fois il arrive presque trop vite. Alors je décolle mon sextoy le temps d’en attraper un autre. Mon désir pour Nicéphore me donne envie d’aller plus loin… Je place le nouvel objet entre mes fesses et j’appuie sur un bouton. Aussitôt, il se met à ronronner doucement en effectuant de petits cercles autour de mon anus. En même temps, il grossit lentement, s’enfonçant très progressivement entre mes fesses. La sensation est délicieuse.

J’imagine que je suis à quatre pattes devant Nicéphore, dans un champ de jonquilles, il se tient derrière moi et enfonce son pénis entre mes fesses tandis qu’il me doigte de son index ferme. Je replace mon caresseur de clitoris et profite de la double stimulation. Mon clitoris est doucement remué, mon anus agréablement rempli. Je sens mon bassin assailli de toute part trembler sous les plaisirs délicats. Je l’abandonne aux explorations automatiques de mes deux accessoires et je retourne à mes seins ultra sensibles. Je les presse de toutes mes forces quand je sens l’orgasme me secouer dans tout le corps. La dernière image avant que l’extase m’inonde est celle de Nicéphore submergé de plaisir tandis qu’il me sodomise avec fougue.

Je sors de la douche le pas fébrile, décidée plus que jamais à faire l’amour à mon bel amant. J’éteins la radio qui crie maintenant des réclames qui m’ennuient et j’enfile la robe à fleur que j’ai prévu de mettre en ce jour spécial. Des fleurs pour faire l’amour dans un jardin.

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L’Amour dans un Jardin en 2087 – Partie 2

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