Une visite extraordinaire à la bibliothèque – Fiction érotique

La bibliothèque locale faisait face à la concurrence d’Internet – avec les téléphones portables notamment. Il ne s’agit pas d’un déclin rapide, mais d’une mort lente. Le nombre de lecteurs diminue, les habitués s’éteignent, le financement est insuffisant. Jane, dont c’était le premier emploi, y travaillait depuis qu’elle avait obtenu son diplôme, il y a maintenant dix ans. Brillante, séduisante, toute en courbes, des lèvres pulpeuses, un joli cul – bref, une beauté à tomber par terre, un peu plus de 40 ans, et pas la moindre crise de la quarantaine à l’horizon.

Pour elle, la vie était belle mais peu inspirante – d’accord, souvent banale – sans rien de plus. Le fait d’être avec Gerry, son compagnon depuis de nombreuses années, avait tendance à la rendre de moins en moins aventureuse en faisant l’impasse sur les préliminaires, en étant même un peu paresseuse. L’attitude globale de Jane consistait à se contenter de trottiner, vous savez, de suivre le courant. Il n’y a rien de mal à cela si cela convient aux deux partenaires, mais c’est frustrant si l’exploration est votre truc – même si vous n’en êtes pas conscient à ce moment-là – et Jane était sur le point de découvrir que l’exploration était définitivement son truc.

« C’est juste pour prolonger l’emprunt, s’il vous plaît », demanda Justen en s’approchant du comptoir de Jane. Celle-ci lève les yeux, presque surprise de voir qu’il s’agit d’une personne réelle, vivante, qui attend qu’on s’occupe d’elle ! « Vous cherchez quelque chose de spécial ? » demanda-t-elle en le regardant discrètement de haut en bas. « C’est possible », répondit Justen, « Vous avez large variété d’options disponibles, j’espère ? »

Jane, comprenant immédiatement le double sens, essaya de dissimuler le sourire sur son visage et le pétillement dans ses yeux – pétillement que Justen saisit immédiatement – réalisant que la façon dont il avait posé la question et, de la même façon, la réponse à celle-ci, était en fait encourageante et positive – on pouvait sans doute parler de flirt. Indiquant le rayonnage à sa gauche, Jane ajouta : « Si vous avez du mal à trouver ce que vous cherchez, revenez, nous sommes là pour vous aider, je suis sûre que nous pourrons vous dépanner. »

Justen, peu aventureux dans le choix du genre, de la guerre, de la politique, etc. – se mit à feuilleter la section des autobiographies et tomba sur un roman hollywoodien, sans doute rangé dans le mauvais rayon. Embarrassé, Justen attrapa le livre et cherchait à le ranger à sa véritable place lorsqu’il entendit une voix : « Excellent choix, lisez bien le chapitre quatre ». Justen avait-t-il bien interprété cette phrase, Jane avait-t-elle vraiment dit cela – et avec l’intonation qu’il avait retenue ? S’était-il trompé, était-il un vieux schnock ? Affirmatif, se dit-il.

Jane s’approcha, le bouton du haut était maintenant défait – son beau visage était mis en valeur par un fard à paupières frais et un rouge à lèvres rouge éclatant. Le pantalon de Justen rétrécit. Elle le frôla légèrement, mais c’était sûrement accidentel. Oui, il réfléchit et plongea son regard dans le sien, mais ce qu’il y vit était la preuve du contraire. Trébuchant sur ses mots, il réussit à lui demander : « Combien de temps puis-je emprunter le livre ? ». Ce à quoi elle répondit rapidement : « Si vous êtes comme la plupart des gens qui l’ont lu, une fois que vous l’aurez commencé, vous ne pourrez plus le lâcher ! » Justen, qui avait du mal à comprendre ce qui se passait, décida qu’il s’agissait d’un truc de mec, vous savez, le fait de penser avec sa bite plutôt que son cerveau. Quel que soit le nom qu’on pouvait bien donner à cela, c’était une expérience passionnante ! Jane, remarquant les changements évidents sur son corps et son visage, jeta un coup d’œil aux deux – et son sourire complice fit basculer Justen dans le mode oh-my-god, oserais-je, devrais-je, ai-je envie de… …. Tu parles que j’en ai envie !

En la regardant dans les yeux, il lui souleva doucement la tête, aligna leurs lèvres et se pencha pour lui faire vivre une expérience érotique hors du commun. Il murmura : « Et si quelqu’un arrive ? »

« Chut », lui répondit Jane en plaçant son index verticalement du milieu du menton au sommet du nez : « Personne n’en saura rien, c’est l’heure du déjeuner ! ». Un commentaire plutôt convaincant qui l’encouragea à écarter sans plus tarder les jambes de Jane avant d’entamer une lente remontée vers le nord, en direction de sa culotte. Passant sa main le long des contours de son mont de Venus, Justen fut accueilli par une chatte juteuse qui ne demandait qu’à être envahie. La respiration de Jane, maintenant spasmodique, saccadée et merveilleusement sexy, céda la place à un souffle presque silencieux lorsqu’il tira lentement sur un côté de sa culotte, lui permettant de glisser doucement deux doigts à l’intérieur d’elle. Visiblement pas assez car Jane élargit ses jambes et arqua le dos, se poussant en avant pour accueillir à la fois ses doigts et sa main. « Oui, oui ; encore plus s’il vous plaît, deux autres doigts, plus vite, continuez, continuez, oui », faisant coïncider sa poussée de hanches avec les doigts de Justen, à présent très humides. « Oh Dieu, Oh Oui, oui s’il vous plaît ». Son corps se resserra, l’extase l’appelait, elle fit pivoter ses hanches – ses jus féminins s’écoulaient maintenant pleinement ; libérés pour le plaisir évident de Jane – et celui de Justen. Ils restèrent immobiles pendant ce qui sembla être une éternité avant que, maintenant pleinement détendue, elle n’enlève consciencieusement sa culotte avant de retourner à son poste en lui demandant nonchalamment : « Peux-tu signer cette pétition pour la sauvegarde de la bibliothèque s’il te plaît ? », « Pas de problème, chérie », répondit-il en souriant, avant d’ajouter : « On se voit dans deux semaines, si possible ». Il retourna à sa voiture en réfléchissant, analysant l’effet revigorant de ce doigtage spontané et totalement imprévu qui avait définitivement réveillé son imagination sexuelle, son cerveau rouillé passant en mode hyperactif et pensait : « Si seulement ma charmante, mais ennuyeuse épouse, appréciait les jeux de rôle – en tant que Jane… »

De retour à la maison à 22h pile, Sophie, l’épouse de Justen, avait décidé qu’il était temps pour elle d’aller se coucher. Elle avait préparé les tasses de thé pour le matin et verrouillé la porte du jardin d’hiver et lui avait adressé un « À tout à l’heure, je vais prendre ma douche, j’ai une journée chargée demain », ce qui était la norme du dimanche soir. En écoutant ses pas et le bain couler, Justen décida – dans son imagination – de jouer un jeu de rôle – lui jouant Justen, Sophie jouant Jane – excité, il lui envoya un message : « J’ai eu une séance érotique à la bibliothèque ce matin – tu veux que je te raconte ? ». Il dut s’y reprendre à plusieurs reprises avant qu’elle ne réponde : « Oui, vas-y alors ». Ils échangèrent alors plusieurs textos, le dernier étant celui de Sophie qui demandait : « Que s’est-il passé ensuite, qu’as-tu signé, quelle pétition ? » Puis à voix haute : « Non, quoi ? » Sa voix s’impatientait, s’agitait : « Il faut que tu m’appelles… Je ne peux pas suivre… ». Après environ une minute pendant laquelle Justen lui raconta l’histoire à voix haute, il lui demanda : « Tu veux savoir ce qui s’est passé ensuite ? » qui fut accueilli d’un « Oui, oui, vas-y ! ». L’entendant trottiner sur le palier jusqu’à leur chambre à coucher, il lui demanda, taquin : « Tu t’amuses bien ? »

« Oui, chéri, continue », fut sa réponse impatiente. « Eh bien, juste après qu’elle m’a frôlé, nous avons échangé un long baiser passionné et j’ai ensuite… ».

« Chéri, viens ici maintenant, MAINTENANT, et quand je dis maintenant, je veux dire MAINTENANT – j’ai envie de toi, j’ai envie de sentir ta bite dure comme un roc… me baiser rapidement, passionnément, puis lentement et de manière sexy ». N’en croyant pas ses oreilles, Justen demanda facétieusement : « Tu ne veux pas entendre la fin ? ». Mais il n’eut droit qu’à un autre : « Dépêche-toi, viens ici MAINTENANT ! Ne m’en dis pas plus, NOUS improviserons la fin de l’histoire, je suis prête, ne tarde pas ».

Inutile de dire qu’ils eurent la meilleure partie de jambes en l’air depuis des mois – et qu’ils testèrent même le trou, jamais encore usité, de l’anatomie de Sophie !

Justen est encore aujourd’hui convaincu que sa tendre épouse Sophie a cru qu’il avait inventé toute l’histoire ! Qui a dit que la passion, le sexe et le désir ne pouvaient pas être ravivés ?

Le lendemain matin, Sophie, réfléchissant à leur nuit de passion, commenta, narquoise : « Peut-être que je devrais t’accompagner lors de ta prochaine visite à la bibliothèque ? Justen, qu’en penses-tu ? »

 

 

* Cette fiction a été écrite en anglais par Terry Alexander. Pour la lire dans sa version originale, c’est par ici.