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L’ombre de l’immaculée conception

Au douzième coup de minuit, je t’assène mon treizième entre tes reins. Je reste en toi une longue minute, essoufflé, derrière ton cul, le pantalon aux chevilles. Nous regardons dans la même direction…

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Tu m’as suivi dans toutes les rues de Lyon à la recherche d’un club qu’on ne trouverait pas. Tu savais que c’était un prétexte mais tu n’as dit mot. Nous avons été bousculés par la masse de touristes, serrés par celle-ci sur les places de Bellecour et des Jacobins. Tu t’es interrogée sur le but de cette marche étouffante où nos corps si proches l’un de l’autre ne se sont presque pas frôlés. T’es-tu peut être imaginée que je te plaquerais contre le mur d’une impasse sans lumière à l’abri des regards passants ou que je profiterais de la foule pour glisser mes mains sous ton manteau, effleurer ton chemisier ou que je remonterais ta jupe pour prendre la température de ta culotte.

Tu as perdu patience et tu m’as lancé ton regard noir. Tu as profité que la foule nous sépare de quelques mètres pour fuir en direction de la Saône, en contrebas du quai des Célestins. Plusieurs minutes se sont écoulées avant que je puisse descendre sur les berges. J’ai regardé ma montre, minuit approchait. J’ai hésité avant de poursuivre, si je m’étais trompé, si tu n’étais pas descendue mais que tu avais poursuivi en direction du Vieux Lyon ou que tu étais revenue sur nos pas ou que tu étais simplement rentrée, exaspérée par cette errance nocturne.

La cloche de la cathédrale a sonné son premier coup au même instant où j’ai senti tes lèvres se poser sur mon cou. La peur de t’avoir perdue s’est envolée pour laisser place au désir brûlant. Je t’ai tirée devant moi, j’ai croisé ton regard enflammé, impatient. Tu as relevé ta jupe quand je me suis déshabillé à la hâte. J’ai glissé un doigt sous le tissu de ta culotte. Tu n’étais pas aussi humide que je le présageais. Tu m’as senti hésiter et tu m’as ordonné :

— Prends-moi !

Devant toi, la cathédrale Saint Jean illumine ton visage en ce 8 décembre et nos corps s’animent dans l’ombre.

Tu guettes les alentours, je m’agrippe plus fort à ta taille et te ramène dans le droit chemin de ton con. Inutile d’avoir peur. Tu désires partager ton corps avec autrui dans ces temples voués à l’hédonisme mais tu ne veux pas qu’un autre homme que moi te touche, chaque fois que nous finissons de faire l’amour. La tournée des clubs était un leurre pour te mener vers l’inconnu, celui qui viendra à nous, sans que cela ne soit son choix ni le tien ni le mien.

Tu demandes à ce que je m’enfonce plus loin en tes entrailles mais je sens à peine le bout de ma verge. Il n’y a que ton jus dégoulinant sur mes bourses pour me rappeler que je suis en toi. Je peine à garder mon équilibre avec ce pantalon qui retient mes chevilles. Mes jambes tremblent. Fébrile, je t’entraîne dans ma chute. Nos genoux touchent brutalement le pavé. Tu hurles ta douleur mais tu gardes le rythme et je ne lâche rien. Mon bassin tape sauvagement le tien et la sueur se mêle à ta cyprine pour rejoindre le sang de nos blessures. Enragés par l’acte, il n’y a d’autre que ton con liquoreux. Je veux t’aimer, te pénétrer si loin, ne faire qu’un, m’oublier en toi, être l’esclave de tes sens, me battre avec toi, au corps-à-corps et encore vivre chaque seconde comme l’éternité.

Tu te retournes sur moi. Andromaque te possède et me chevauche. Tu dégrafes le premier bouton de ton chemisier en me regardant avec ces yeux fous et passionnés. Tu ne vas plus loin et te penches pour me donner un baiser langoureux. Ta langue explore ma bouche, caresse mes gencives, joue avec la mienne. Je bois ta salive comme je songe à boire tous tes fluides. Ta respiration est haletante et ton haleine bestiale est prenante. Tes va-et-vient m’électrisent. Je me cambre, je vibre. Je perds mon souffle.

— Respire-moi, mon amour ! J’ai besoin d’air, j’ai besoin de toi !

Tu retires ce qu’il te reste de haut et je découvre ton collier de perle sur ta lourde poitrine. Ton collier de perle et rien d’autre. Je me relève contre toi pour épouser tes seins. Je savoure tes aréoles à la pointe de ma langue, j’embrasse délicatement leur contour, tu frémis, tu en gémis. Je mordille puis suce tes tétons tel un nourrisson qui a faim. Je m’attarde longuement sur ta poitrine, je la renifle, la malaxe avec fermeté puis je plonge mon visage en son cœur pour respirer le parfum salé de ta peau. Tu passes tes doigts dans ma chevelure pour retirer soudainement mon visage de tes jumeaux. Tu te relèves et tu me pousses contre ta chatte. Ni je respire, ni j’hume, je m’étouffe sur ta fente, mes bras battent l’air à la recherche d’oxygène mais tu maintiens ton emprise. Je ne peux quitter ton vagin qu’en ayant bu tout ce qu’il a à m’offrir.

Une femme crie et appelle la police, nous comprenons rapidement que cet incident n’est pas indépendant de nos personnes. Nous ne prenons pas le temps de ramasser nos affaires et nous courons nous réfugier sur la première péniche que nous trouvons sur le quai. Celle-ci, sous le pont Bonaparte, semble avoir été abandonnée par ses occupants, nous ne nous posons aucune question, nous montons puis nous retirons la passerelle.

Affolés, déstabilisés, à demi nus, nous restons un long moment sans bouger.

Tu éclates en sanglot et te blottis contre lui. Je reste figé par la situation. Incapable de parler ou d’agir. Il t’enlace avec ses longs bras et te console par de lents mouvements de la gauche vers la droite. Tu pleures de plus belle. Tu n’as pas rouvert les yeux et je n’ai toujours pas bougé. L’homme ne semble pas surpris par notre présence ni inquiet par une réaction de ma part. Celui-ci, grand, les cheveux bruns, longs et ondulés, le torse musclé, porte une serviette de bain à la taille pour seul vêtement.

— Parle-moi ! Dis-moi quelque chose, dis-tu la voix enrouée par tes pleurs.

Je devrais m’avancer, te ramener vers moi.

L’homme défait délicatement sa serviette et présente contre ton ventre sa verge en érection. Tu sens son gland circoncit sur ta peau. Tu sais à cet instant que ce n’est pas moi.

Tes larmes ont cessé mais tu ne rouvres pas les yeux pour autant. Tu veux sentir ce nouveau corps présenté à toi. Ton nez respire son pubis rasé et tes lèvres suivent le bas de sa verge jusqu’à son sommet sur lequel tu ouvres grand la bouche pour l’aspirer tout entier. Tu maintiens fermement le bas de sa queue pour sucer goulument ce sexe qui t’est offert. Tu l’aspires du haut vers le bas puis tu remontes lentement pour jouer avec ta langue sur le bord de son gland. Pour accompagner ton geste, il te pénètre la bouche comme s’il prenait ton vagin au début d’un rapport par de timides va-et-vient. De ce long serpent, tu veux avaler le venin. L’inconnu cambre de plus en plus rapidement son bassin. Tu râles et ne sais plus comment gérer sa queue au fond de ta gorge. Tu attrapes ses fesses violemment lorsqu’il gicle et ahane dans un dernier effort.

Tu te relèves, les paupières toujours closes, et tu déposes sur ses lèvres le baiser de sa semence. Il ne rechigne pas et partage avec toi ce que tu as gardé pour lui. Tu quittes son emprise et me cherche d’un bras tendu dans le néant. Je cueille ta main et te ramène vers moi.

Ton bel inconnu t’agrippe le bras, tu te retournes et découvres, avant son regard, le tatouage qui se révèle au fur et à mesure que son membre à nouveau devient dur, une ancre.

Galan DorgiaArticle écrit par Galan Dorgia

Galan Dorgia, épicurien et curieux. Amoureux des rimes, des femmes, de musiques et d’absinthes. Ses textes, reflètent son vécu et nourrissent ses fantasmes. Enfant, il lit Prévert, Rimbaud, écoute Gainsbourg, Souchon quand ado il se passionne pour le rap français et découvre sur le tard Pierre Loüys et Eluard. Entre 2007 et 2009, il publie ses poèmes dans la webrevue gothique Reflets d’Ombres sous le pseudonyme Galandin. En 2012, il travaille avec le photographe Alain Bouchareissas sur une expo qui met en scène ses textes. En 2014, il auto-publie son premier recueil intitulé « La plaisante poésie libertine ». En 2015, il participe au concours du Prix de la Nouvelle Erotique, sa nouvelle « L’ombre de l’immaculée conception » est l’une des finalistes. En 2016, il signe un second recueil de poésie « Jouissance terrestre avant l’hanté cri » aux éditions l’Arlésienne.

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